Dimanche 7 juin 2026, sur LCI, Mathilde Panot a appelé le ministre de la Justice Gérald Darmanin à démissionner, l’accusant d’avoir « enclenché une clochardisation de la justice ». La déclaration intervient après la mort de Lyhanna, 11 ans, et la mise en examen d’un suspect déjà visé par une plainte pour viol sur mineure classée sans suite.

Reprenons la facture.

10,7 milliards d’euros en 2026, +210 millions par rapport à 2025

Selon le projet de loi de finances pour 2026, le budget de la mission Justice atteint 10,7 milliards d’euros, en hausse de 210 millions d’euros par rapport à la loi de finances 2025, soit une augmentation de 2 %. Le ministère prévoit la création de 1 600 équivalents temps plein supplémentaires, dont 286 magistrats et 342 greffiers.

Ces chiffres sont publics. Ils figurent dans les documents budgétaires transmis au Parlement. Ils ne décrivent pas une « clochardisation », mais une progression des moyens alloués.

Le stock d’affaires non traitées ne figure pas dans le débat

La question posée par l’affaire Lyhanna n’est pas d’abord budgétaire. Elle est organisationnelle. Le classement sans suite d’une plainte pour viol sur mineure ne s’explique pas mécaniquement par un manque de crédits, mais par des choix de priorisation, des délais d’enquête, des critères de recevabilité. Sur ces points, le débat public reste muet.

Aucun chiffre officiel récent ne permet de lier directement l’évolution du budget de la justice au taux de classement sans suite des plaintes pour violences sexuelles. Le ministère ne publie pas de série statistique consolidée sur ce sujet en 2026. Le lien entre moyens et résultats reste donc une affirmation politique, non une donnée vérifiable.

Verdict

La déclaration de Mathilde Panot est trompeuse. Le budget de la justice augmente en 2026, en crédits comme en effectifs. Parler de « clochardisation » relève de l’hyperbole militante, pas de l’analyse des comptes publics.

C’est écrit.

Sources