40 953. C’est le nombre de disparitions de mineurs signalées aux forces de l’ordre en 2025, selon le rapport annuel de la fondation Droit d’Enfance publié le 25 mai 2026. Soit 112 enfants par jour. Le chiffre est en hausse de 6,4 % par rapport à 2024, rompant avec la tendance à la baisse observée les années précédentes.
Ce dimanche 9 juin, une marche blanche est organisée à Fleurance, dans le Gers, en hommage à Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée sans vie après une disparition signalée le 29 mai. L’émotion est légitime, le recueillement nécessaire. Mais une fois la marche dispersée, restent les colonnes de chiffres que personne ne lit — et qu’il faudrait pourtant regarder en face.
1 629 disparitions inquiétantes, +18,6 % en un an
Reprenons la facture. Sur les 40 953 signalements de 2025, 38 706 sont des fugues (+6,2 %). Le reste se partage entre 618 enlèvements parentaux et 1 629 disparitions dites « inquiétantes ». C’est cette dernière catégorie qui retient l’attention : elle bondit de 18,6 % en un an, d’après les données du ministère de l’Intérieur compilées par la fondation.
La qualification de « disparition inquiétante » obéit à des critères précis : mineur de moins de 13 ans, traitement médical en cours, handicap, idées suicidaires exprimées, ou départ avec une personne potentiellement dangereuse. Ce n’est pas une catégorie fourre-tout. Quand elle augmente d’un cinquième en douze mois, la question n’est plus celle du fait divers mais celle de la tendance.
Le rapport précise que la moitié de ces disparitions inquiétantes concerne un mineur de moins de 15 ans. Et que 3 818 dossiers ont nécessité la saisine de la cellule de suivi — un chiffre en hausse de 31,2 % sur un an.
49 140 appels au 116 000, +18,2 %
Le 116 000, numéro d’urgence européen pour les enfants disparus, a reçu 49 140 appels en 2025. C’est 18,2 % de plus qu’en 2024. La fondation Droit d’Enfance, qui gère ce dispositif, a traité 1 440 dossiers (+6,6 %), dont 528 fugues, 470 enlèvements parentaux et 105 disparitions inquiétantes — cette dernière catégorie enregistrant à elle seule une hausse de 54,4 %.
Ces chiffres ne disent pas tout. Ils ne disent pas combien de signalements aboutissent à une résolution rapide, combien restent sans suite, combien de moyens sont déployés par enquête. Le rapport documente les appels reçus, pas les effectifs de gendarmerie affectés à leur traitement. Il documente les dossiers ouverts, pas le taux d’élucidation.
C’est écrit.
Le budget qui ne suit pas la courbe
La fondation Droit d’Enfance, qui porte le 116 000, fonctionne avec un financement associatif et des subventions publiques dont le montant n’est pas indexé sur le volume d’appels.
En 2025, le nombre de dossiers traités a augmenté de 6,6 %. Le nombre d’appels, de 18,2 %.
On peut débattre des causes de la hausse : fragilisation familiale post-Covid, emprise des réseaux sociaux, défaillance de la protection de l’enfance. Mais on ne peut pas débattre des moyens sans regarder l’écart entre la courbe des signalements et celle des crédits. Une marche blanche est un hommage. Un budget est une priorité. Les deux ne se mesurent pas avec la même unité.
Sources
- Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée sans vie dans le Gers. Toutes mes …
- Mort de Lyhanna : une marche blanche organisée ce dimanche en hommage à la collégienne | TF1 Info
- Mort de Lyhanna : “Plongés dans le drame de la perte d’un enfant”, les parents de la collégienne appellent à une marche blanche ce dimanche - ladepeche.fr
- Disparitions de mineurs : des signalements en hausse de 6,4% en …
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