Le 26 février 2026, Santé publique France publiait le bilan définitif de l’été 2025. Un document de quelques pages, passé presque inaperçu. Il chiffre pourtant à plus de 5 700 le nombre de décès attribuables à la chaleur sur l’ensemble de la période de surveillance estivale. Plus de 1 900 pendant les seules périodes de canicule, soit 12 % de la mortalité toutes causes enregistrée ces jours-là.

C’est écrit.

Ce dimanche 14 juin, les médias s’inquiètent de la vague de chaleur annoncée pour la semaine. Quelle étendue, quelle intensité, quelle durée ? La question est légitime. Mais elle en cache une autre, plus gênante : combien de morts cet été, et qui les comptera ?

Reprenons la facture. L’été 2025 a été le troisième plus chaud depuis 1900, avec une température moyenne supérieure de 1,9 °C à la normale 1991-2020, d’après Météo-France. Les trois quarts des décès attribuables à la chaleur concernaient des personnes de 75 ans et plus. Des vies que l’on aurait pu protéger, pour partie, avec des mesures de prévention renforcées.

Or, le plan national canicule, activé chaque année du 1er juin au 15 septembre, repose sur une instruction interministérielle. Il mobilise des moyens, des alertes, des personnels. Mais son efficacité se mesure-t-elle au nombre de morts évités ? Le rapport de Santé publique France ne pose pas la question en ces termes. Il comptabilise, il ne chiffre pas le coût de l’inaction.

Pendant qu’on débat de la couleur des cartes de vigilance, la machine à décès tourne. L’État publie lui-même les chiffres, mais personne ne les croise avec les budgets de la prévention. Combien de places en Ehpad climatisés ? Combien de contrôles des pièces rafraîchies dans les établissements accueillant des personnes âgées ? Combien de moyens supplémentaires pour les services d’urgence en période de canicule ?

Le rapport est là, daté, sourcé. La vague de chaleur arrive. La question n’est pas météo. Elle est budgétaire, sanitaire, humaine. Qui paie, et pour qui ?

Sources