Le 16 juin 2026, les dirigeants du G7 réunis à Evian appellent « à une réponse forte et coordonnée » pour contenir l’épidémie d’Ebola en RDC et en Ouganda. Le communiqué est solennel. Les mots sont choisis. « Risques en matière de sécurité sanitaire », « appel à l’action ». On se lève, on applaudit.

Reprenons la facture.

Le 5 juin 2026, l’OMS et l’agence de santé africaine lançaient un plan conjoint de 518 millions de dollars — 449 millions d’euros — pour lutter contre l’épidémie de juin à novembre, selon les données publiées par Le Monde. Une somme à trouver auprès des États membres. Une somme que le G7, réuni en sommet, juge nécessaire.

Pendant ce temps, le 23 juillet 2025, le gouvernement français présentait son projet de budget 2026. L’effort d’économies visait 44 milliards d’euros. Dans la liste des postes rabotés : l’aide publique au développement, amputée de 820 millions de dollars, d’après le Donor Tracker. C’est la cinquième coupe consécutive, selon Focus 2030. L’engagement d’atteindre 0,7 % du revenu national brut consacré à l’aide au développement, inscrit dans la loi en 2021, est repoussé sine die.

Le communiqué et le budget

On peut signer un appel à l’action le mardi et avoir voté la coupe qui le finance le mercredi. Les deux gestes ne se contredisent pas : ils se complètent. Le premier occupe les dépêches. Le second occupe les annexes budgétaires que personne ne lit.

Le G7 parle de « réponse forte et coordonnée ». La coordination, on la voit — un sommet, des chefs d’État, une déclaration commune. La force, en revanche, se mesure en dollars. Et sur ce point, le budget 2026 français a déjà répondu.

C’est écrit.

Sources