Le 17 juin 2026, les dépêches du sommet du G7 à Évian annoncent que Donald Trump montre un regain d’intérêt pour l’Ukraine. La formulation est prudente. Elle évite de dire que l’aide américaine à Kiev a repris, ou qu’un chèque a été signé. Elle dit « regain d’intérêt ». C’est un sentiment, pas un engagement.

Pendant ce temps, les chiffres, eux, ne varient pas au gré des communiqués. Le 10 décembre 2025, la Chambre des représentants américaine adoptait le National Defense Authorization Act (NDAA) pour l’année fiscale 2026. Ce texte, voté chaque année avec un large consensus bipartisan, fixe les priorités de dépenses du Pentagone. Selon le compte rendu de La Presse du 10 décembre 2025, le NDAA 2026 comporte plusieurs clauses visant à maintenir la présence américaine en Europe.

Le NDAA 2026, ou l’art de parler sans payer

Reprenons la facture. Depuis février 2022, l’aide militaire américaine à l’Ukraine a atteint des sommets. Selon le Kiel Institute for the World Economy, souvent cité pour ses décomptes rigoureux, le total de l’aide internationale tous pays confondus s’élevait à 267 milliards d’euros début 2025. Les États-Unis en représentaient la part du lion. Mais depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le robinet s’est resserré.

C’est écrit.

Le « regain d’intérêt » évoqué à Évian intervient donc dans un contexte budgétaire bien précis : l’administration Trump a fait le choix de ne plus financer l’effort de guerre ukrainien à la même échelle qu’auparavant. Le mémorandum d’entente avec l’Iran, signé le 14 juin, a peut-être redonné au président américain le goût des grandes manœuvres diplomatiques. Mais il n’a pas rouvert le portefeuille du contribuable américain.

L’Europe paie, les États-Unis président

Pendant que Washington parle, l’Union européenne aligne les chiffres. Selon les données de Toute l’Europe, en février 2026, l’aide militaire de l’UE à l’Ukraine atteignait 69,3 milliards d’euros depuis 2022. La France, de son côté, s’était engagée en 2024 à fournir jusqu’à 3 milliards d’euros d’aide militaire supplémentaire, d’après le site info.gouv.fr. Ces montants sont publics, vérifiables, et en constante augmentation.

Le sommet d’Évian a été l’occasion pour les Européens de tenter de remettre l’Ukraine à l’agenda de Donald Trump. Le communiqué final du G7 réaffirme un soutien à Kiev. Mais les mots ne remplacent pas les avions, les munitions et les systèmes de défense. Or, du côté américain, les crédits ne suivent pas.

Qui paie, et pour qui ?

La question n’est pas de savoir si Donald Trump s’intéresse à l’Ukraine. La question est de savoir combien cet intérêt coûte au budget américain, et combien il coûte aux budgets européens. Les 69,3 milliards d’euros de l’UE, eux, sont déjà engagés.

Le « regain d’intérêt » de Trump est une posture diplomatique. La facture, elle, est européenne. Et elle continue de grimper, pendant que les opinions publiques regardent ailleurs. Le G7 d’Évian restera peut-être dans les mémoires comme le sommet où l’on a beaucoup parlé de l’Ukraine, sans que le principal contributeur potentiel n’ouvre son carnet de chèques.

C’est écrit.

Sources