Le 15 juin 2026, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, était auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les conséquences des accords du Touquet. Il a mis en garde contre leur dénonciation, qui « enverrait un très mauvais signal ». La formule est politique. Elle évite de poser la question que personne ne pose : combien coûte, au net, la frontière britannique en France ?
Reprenons la facture. D’après le compte rendu n° 15 de la commission, pour la période 2023-2026, le Royaume-Uni verse 540 millions d’euros. Cela représente 62 % du total des dépenses engagées dans le cadre de ces accords. Les 38 % restants sont donc à la charge de la France. Le même document précise que la contribution britannique depuis 2014 avoisine les trois quarts de milliard de livres sterling.
C’est écrit.
Mais ces chiffres ne disent pas tout. Ils additionnent des versements britanniques, pas le coût complet pour l’État français. Quid des effectifs policiers déployés à Calais et Dunkerque ? Du traitement des demandes d’asile ? Des contentieux ? De l’entretien des infrastructures ? La commission a auditionné d’anciens ministres, des préfets, des associations. Elle n’a pas produit de chiffrage consolidé du reste à charge pour le budget national.
Le débat public se focalise sur le signal politique. Mais un signal, ça ne se budgète pas. Pendant qu’on débat de la dénonciation, le contribuable français continue de financer une frontière qui n’est pas la sienne, sans que le Parlement ne puisse lire la facture en entier. Qui paie, et pour qui ? La réponse est dans les angles morts des auditions.
Sources
- La dénonciation des accords du Touquet “enverrait un très …
- Immigration illégale: la dénonciation des accords du …
- Accords du Touquet: La France ‘sauve des vies’ en tentant …
- Commission d’enquête relative aux conséquences des accords du …
- M. Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur - Lundi 15 juin 2026
- Laurent Nuñez , ministre de l’Intérieur, auditionné sur les droits des …