1,2 milliard d’euros. C’est le montant inscrit au projet de loi de finances pour 2026 au titre de l’Aide médicale d’État, selon l’amendement n°II-CF513 déposé à l’Assemblée nationale. Le document mentionne également 470 000 bénéficiaires.
Le chiffre n’est pas neuf. Il était déjà de 1,2 milliard en 2024. Le projet de budget présenté par le gouvernement prévoyait une hausse de 8 %, portant l’enveloppe à 1,3 milliard, d’après les informations relayées par Public Sénat.
Le Sénat, lui, a choisi une autre direction. Il a voté une baisse des crédits de 200 millions d’euros et un durcissement des conditions d’accès au dispositif. Comme l’an dernier, précise Public Sénat. Le débat parlementaire est donc rodé : l’exécutif propose une augmentation, la chambre haute retranche. L’écart entre les deux positions est désormais un marronnier budgétaire.
Le décompte des bénéficiaires
470 000 personnes. C’est l’effectif cité dans l’amendement parlementaire.
La progression des effectifs est un autre angle mort. L’amendement parlementaire évoque une hausse « exponentielle » sans la chiffrer précisément.
Ce que le débat budgétaire ne regarde pas
Le Sénat vote une baisse de 200 millions. L’Assemblée examinera le texte à son tour. Le débat se focalise sur le montant global et les conditions d’accès — durée de résidence, panier de soins, contrôle des droits.
Mais une question reste hors champ : l’exécution réelle de la dépense. Le budget voté n’est pas le budget dépensé.
La ligne qui monte, le débat qui tourne
1,2 milliard en 2024, 1,3 proposé pour 2026, 200 millions retranchés par le Sénat. Les chiffres sont publics. Leur mise en perspective ne l’est pas.
Le débat parlementaire sur l’AME est devenu un rituel : la majorité sénatoriale vote une restriction, l’Assemblée rétablit les crédits, le gouvernement temporise. Pendant ce temps, la dépense continue de croître, portée par l’augmentation du nombre de bénéficiaires et l’élargissement progressif du panier de soins.
Le Sénat a fait son travail : il a posé un chiffre, 200 millions de moins, et des conditions plus strictes. L’Assemblée fera le sien. Reste à savoir si, en décembre prochain, la loi de finances initiale affichera 1,1 ou 1,3 milliard — et surtout, combien la dépense réelle atteindra en décembre 2027, quand les comptes seront définitivement arrêtés.