8 973. C’est le nombre de décès toutes causes confondues certifiés électroniquement durant la semaine du 22 au 28 juin 2026, selon le point de situation publié par Santé publique France. Une hausse de 29,1 % par rapport à la semaine précédente. L’agence précise que cette photographie ne constitue pas une estimation consolidée de surmortalité — elle mesure un écart brut entre deux semaines dans les données rapides, avant comparaison avec la mortalité attendue.

Le bulletin concernant l’excès de mortalité durant l’épisode de canicule de juin sera publié, indique Santé publique France, « trois semaines après la fin de l’épisode ». En attendant, les décès sont là, dans les registres d’état civil.

Le décompte en temps réel et le bilan en temps différé

Le Système d’alerte canicule et santé (Sacs) fonctionne sur un rythme décalé. Les données de mortalité toutes causes sont disponibles en continu via la certification électronique, mais l’estimation de la surmortalité — celle qui compare les décès observés aux décès attendus — obéit à un calendrier distinct. Trois semaines après l’épisode, donc.

Ce décalage a une conséquence pratique : les décisions de santé publique durant la vague de chaleur s’appuient sur des signaux précoces, pas sur le bilan définitif. La hausse de 29,1 % en semaine 26 concerne les personnes âgées de 45 ans ou plus (+2 001 décès), et elle est observée dans tous les types de lieux de décès. Le signal est net. Mais il n’est pas encore un chiffre officiel de surmortalité.

Le coût d’un bilan qui tarde

La surmortalité n’est pas qu’un indicateur sanitaire. C’est aussi une ligne dans les comptes publics. Chaque décès prématuré représente des soins d’urgence, des hospitalisations, des arrêts de travail, des prestations versées aux ayants droit. Mais ces chiffres arrivent des mois, parfois des années après les faits.

8 973 décès en une semaine. C’est écrit. Le bilan consolidé viendra. La chaleur, elle, n’attend pas.

Sources