153 maisons ont brûlé dans la seule commune du Porge, en Gironde, selon le reportage diffusé par TF1 le 25 juillet 2026. Le chiffre a été repris, commenté, déploré. Il dit l’ampleur du désastre. Il ne dit rien de ce que ce désastre coûtera au contribuable.

C’est un réflexe de la couverture médiatique des catastrophes naturelles : on compte les morts, les blessés, les hectares, les bâtiments détruits. On ne compte presque jamais l’addition finale. Ou plutôt, on la compte, mais plus tard, dans l’indifférence d’un rapport de la Cour des comptes que personne ne lit, ou dans une ligne budgétaire noyée au milieu d’un document de plusieurs centaines de pages.

Reprenons la facture.

153 maisons, et après ?

Une maison détruite par un incendie, ce n’est pas seulement une perte pour son propriétaire. C’est une chaîne de dépenses publiques qui s’enclenche : intervention des pompiers, évacuation, hébergement d’urgence, indemnisation par le régime CatNat (catastrophes naturelles), reconstruction, accompagnement social. Chaque maillon a un prix.

Le coût qu’on ne publie pas

Le 28 juillet 2026, Le Monde publie des images de Canadair en action au-dessus de Lège-Cap-Ferret. L’émotion est là, légitime. Mais où est le chiffre ? Où est le document qui dirait, en temps réel ou presque, ce que cet incendie coûte à la solidarité nationale ?

Il n’existe pas. Ou plutôt, il existera dans dix-huit mois, quand la Cour des comptes publiera un référé sur la gestion des feux de forêt de l’été 2026. Un document qui sortira un vendredi soir, probablement en août, et que personne ne commentera.

C’est écrit.

En attendant, les chiffres qui circulent sont ceux des dégâts visibles : 153 maisons. Des chiffres de l’urgence, pas des chiffres du bilan. La différence est de taille : les premiers appellent l’émotion, les seconds appellent des comptes.

Qui additionne ?

Ce n’est pas un hasard. C’est une architecture budgétaire qui disperse la dépense entre l’État, les départements, les communes, les assureurs et la Caisse centrale de réassurance. Chacun paie sa part, et personne ne fait l’addition. Le résultat est une forme d’irresponsabilité financière par fragmentation : tant que le total n’est pas visible, il n’est pas discutable.

153 maisons au Porge. Le chiffre est précis, vérifié, filmé. Le coût pour la collectivité, lui, reste une inconnue. Pas parce qu’il est incalculable. Parce que personne ne le publie.

Sources