144 000 personnes ont été autorisées à regagner leur domicile ce jeudi 30 juillet 2026, selon le communiqué de la préfète de la Gironde publié en matinée. Le chiffre est précis, l’information rassurante. Après huit jours d’évacuation, le mégafeu de Saumos, qui a ravagé 42 000 hectares, est « stabilisé » — le mot figure dans le point de situation de 6 heures, toujours selon la préfecture.

La déclaration officielle parle d’optimisme, de vigilance, de retours progressifs. Elle ne parle pas d’argent.

222 000 évacués, et pas une ligne budgétaire

Depuis le 22 juillet 2026, ce sont 222 000 personnes qui ont dû quitter leur logement en Gironde, d’après les données cumulées rapportées par La Croix le 30 juillet. L’évacuation a mobilisé des gymnases, des centres d’hébergement d’urgence, des renforts de sécurité civile, des militaires — environ 1 000 déployés selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez le 24 juillet, cité par RFI.

Chaque nuit d’hébergement, chaque repas distribué, chaque heure de surveillance a un coût. Mais lequel ? Le communiqué de la préfecture du 30 juillet, consultable sur le site de la préfecture de Gironde, détaille les communes concernées par la réintégration — Mios, Le Barp, Cestas, Saint-Jean d’Illac, Martignas-sur-Jalles, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin-du-Médoc, Salaunes, Sainte-Hélène — sans jamais mentionner un montant.

Une cellule de crise économique, des questions sans réponse

Le lundi 27 juillet, le ministre de l’Économie Roland Lescure a tenu une réunion d’urgence à Bercy avec les acteurs locaux, évoquant un « coup de tonnerre économique », selon Le Monde du même jour. Une cellule de crise économique a été activée. 14 500 entreprises sont affectées, d’après La Croix du 27 juillet.

Mais le coût pour la collectivité — celui qui apparaîtra dans les prochains budgets rectificatifs ou dans les rapports de la Cour des comptes — n’est pas communiqué. Les évacués rentrent chez eux, les camions de pompiers quittent les lisières, et l’addition reste à écrire.

Verdict : une communication qui compte les personnes, pas les deniers publics

La déclaration de la préfète est exacte sur le nombre de retours autorisés. Elle est muette sur le coût de l’opération pour le contribuable. Ce n’est pas un mensonge — c’est une omission.

Le contribuable français apprendra dans dix-huit mois, dans un rapport de la Cour des comptes publié un vendredi soir, combien ont coûté ces huit jours d’évacuation massive. Pour l’instant, on compte les hectares et les personnes. On ne compte pas l’argent public.

C’est écrit.

Sources