Le 15 août 2026, le préfet des Landes annonçait 1 580 hectares brûlés à Luglon, après une reprise de feu à l’aube. La veille, 3 500 hectares étaient déjà partis en fumée entre Biscarrosse et Parentis-en-Born, selon les données de la préfecture reprises par la presse. Les Canadair tournent, les pompiers tiennent les lignes, et chacun commente la flotte aérienne.

Pendant ce temps, le rapport du sénateur Jean-Pierre Vogel sur le budget de la Sécurité civile, déposé fin 2025, aligne les chiffres que personne ne croise. L’argent décaissé par l’État pour la Sécurité civile est passé de 548 millions d’euros en 2019 à 883 millions en 2026. Une hausse de plus de 60 %. Voilà pour le récit officiel : l’État met les moyens.

Qui paie les camions, les casernes et les salaires

Reprenons la facture. Les services départementaux d’incendie et de secours — ceux qui envoient les hommes au feu, pas les avions — représentent un budget total de 6,2 milliards d’euros en 2025, selon l’Assemblée des départements de France. Sur cette somme, les départements financent 54 %. Les communes et intercommunalités complètent. L’État, lui, supporte 3 % de la charge.

C’est écrit.

On peut débattre du renouvellement des Canadair, de l’âge moyen de la flotte, des livraisons attendues. Mais pendant que le débat public se concentre sur les avions — visibles, spectaculaires, budgétairement fédéraux —, la colonne vertébrale de la lutte contre les incendies repose sur des budgets départementaux que l’État ne fait qu’effleurer. Le feu, lui, ne distingue pas qui signe le chèque. Il brûle pareil.

Sources