Le 19 août 2026, la loi créant un droit à l’aide à mourir est publiée au Journal officiel. Le Conseil constitutionnel l’a validée le 14 août, avec trois réserves. Les décrets d’application, eux, ne sont pas encore écrits. Le rapporteur Philippe Vigier annonce les premières procédures pour janvier 2027, selon Ouest-France.
Reprenons la facture.
En janvier 2025, la Fondation pour l’innovation politique publiait une note signée Pascale Favre et Yves-Marie Doublet : Les non-dits économiques et sociaux du débat sur la fin de vie. Le chiffre central : 1,4 milliard d’euros d’économie annuelle potentielle, en appliquant le modèle québécois à la France — soit 45 000 euthanasies par an, correspondant aux dépenses de soins de ces patients dans leur dernière année de vie.
C’est écrit.
Le débat parlementaire aura duré des mois. Les mots « dignité », « liberté », « fraternité » ont circulé. Le chiffre de la Fondapol, lui, n’a pas encombré les hémicycles. On comprend pourquoi : poser la question du coût évité, c’est poser la question de qui paie, et pour qui. Ce n’est pas le registre des discours.
Pendant ce temps, la loi du 26 mai 2026 sur les soins palliatifs a doublé les crédits, portés à 1,794 milliard d’euros sur la période 2026-2034, selon Vie publique. Une somme votée, elle, sans réserve.
Deux lois, deux calendriers. L’une promulguée, l’autre en attente de décrets. L’une chiffrée par un think tank, l’autre par le Parlement. Reste une question que personne ne pose : si l’aide à mourir économise 1,4 milliard, et que les soins palliatifs en coûtent 1,794, qui fera l’addition ?
Sources
- Aide à mourir : pourquoi la loi promulguée ce mercredi au Journal officiel ne s’appliquera pas dans l’immédiat
- Décision n° 2026-910 DC du 14 août 2026 | Conseil constitutionnel
- Proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir
- Les soins palliatifs et aide à mourir (législation 2026) – FMC-HGE
- Aide à mourir 2026 : critères et rôle des soignants
- « L’euthanasie permettrait d’économiser 1,4 milliard d’ …