Le 24 août 2026, vers 17 h 20, une tornade a frappé Pomas, dans l’Aude, environ 1 000 habitants selon la préfecture. Le bilan communiqué mardi matin par la sous-préfète Emmanuelle Plantier-Lemarchand sur Franceinfo fait état de 39 blessés, dont une quinzaine hospitalisées sans gravité. Les vents ont dépassé 200 km/h selon Pierre Mahieu, co-fondateur de Keraunos, cité par La Dépêche. Les toitures sont arrachées, des maisons totalement endommagées.

Reprenons la facture. Pas celle des dégâts — les experts d’assurance s’en chargeront. Celle du temps.

La procédure commence après la catastrophe

La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle suit une procédure administrative précise, décrite sur service-public.fr. La commune dépose une demande auprès du préfet. Le préfet transmet le dossier à l’État. Une commission interministérielle examine les demandes. Un arrêté interministériel est publié au Journal officiel si la catastrophe est reconnue.

Les communes disposent généralement d’un délai maximal de 24 mois après l’événement pour déposer leur demande. C’est écrit.

Vingt-quatre mois. La demande de reconnaissance peut attendre deux ans.

4 449 communes par an, et un délai de 30 jours après publication

Selon les données de la Caisse Centrale de Réassurance (CCR) reprises par le Cerema, en moyenne 4 449 communes par an font l’objet d’au moins un arrêté de reconnaissance de catastrophe naturelle. Pour les inondations seules, la moyenne est de 3 120 communes par an. Depuis 1982, les inondations représentent 55 % de la sinistralité globale en métropole.

Une fois l’arrêté publié, l’assuré dispose de 30 jours pour déclarer le sinistre à son assureur. Trente jours. Le délai de déclaration est donc plus court que le délai laissé à la commune pour déposer la demande. La victime doit être réactive ; l’administration peut prendre son temps.

Le rapport 2026 de la CCR appelle à consolider et adapter le régime d’indemnisation, avec quatorze mesures. La sinistralité augmente, les aléas s’intensifient. Mais la procédure, elle, reste calée sur un rythme qui n’a pas changé.

Qui attend, et qui paie

Un arrêté du 12 juin 2026 a reconnu 183 communes en état de catastrophe naturelle pour la sécheresse de 2025 et les inondations du début 2026. L’arrêté du 24 février 2026 fixait une première liste de 294 communes. Les commissions se succèdent, les listes s’allongent, les dossiers s’empilent.

Le régime Cat Nat est un pilier de la solidarité nationale, rappelle la CCR. La solidarité, ici, a un calendrier administratif.

La tornade n’a pas attendu la commission interministérielle. Les habitants, eux, attendent l’arrêté.

Sources