Le 24 août 2026, vers 17 h 20, une tornade a frappé la commune de Pomas, dans l’Aude, environ 1 000 habitants selon la préfecture. Le bilan, communiqué à 20 h 45, fait état de 26 blessés en urgence relative, dont cinq transportés vers un centre hospitalier. Le lendemain, le chiffre monte à 41 blessés, selon 20 minutes, et 300 habitations sont déclarées impactées. Deux personnes restaient recherchées sous les décombres d’une habitation, d’après BFMTV.

La tornade n’a pas attendu la fin de l’été. Elle n’a pas non plus attendu que la commune ait déposé un dossier. Le régime d’indemnisation, lui, a déjà été réformé.

La surprime a augmenté avant la tornade

Depuis le 1er janvier 2026, la surprime catastrophes naturelles prélevée sur les contrats d’assurance habitation est passée de 12 % à 20 %, selon LeLynx. Sur les contrats automobile, elle est passée de 6 % à 9 %. Sur une cotisation habitation dont la part dommages s’élève à 250 euros, la surprime passe d’environ 30 à 50 euros par an, d’après AssurancesLabs.

Cette hausse a été décidée avant que la tornade ne touche Pomas. Elle a été motivée par la multiplication des sinistres climatiques, pas par un événement isolé. La base GASPAR, publiée sur data.gouv.fr, recense 260 601 arrêtés de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle par commune depuis 1982. Une commune peut faire l’objet de plusieurs arrêtés au fil du temps. Le chiffre ne dit pas combien de communes sont concernées, mais il dit la fréquence : 260 601 arrêtés en quarante-quatre ans, soit une moyenne de plus de 5 900 par an.

Le fonds Barnier encaisse, le contribuable paie

Le produit de la surprime CatNat alimente le régime d’indemnisation, mais aussi le fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit fonds Barnier. Selon une réponse ministérielle publiée à l’Assemblée nationale, la taxe a généré 485 millions d’euros de recettes en 2025. En 2026, les ressources votées en loi de finances au bénéfice de la prévention des risques naturels s’élèvent à 591,2 millions d’euros, dont 300 millions au titre du fonds Barnier dans le programme 181.

L’UNALCI, association de défense des sinistrés des inondations, avance un autre chiffre : la surprime à 20 % sur les contrats habitation devrait produire 720 millions d’euros en 2026. L’association demande que ce montant soit entièrement consacré à la protection des Français face aux conséquences du changement climatique. La question n’est pas de savoir si la tornade de Pomas sera indemnisée. Elle le sera, si l’arrêté de catastrophe naturelle est pris. La question est de savoir ce que finance, au juste, la surprime que tous les assurés paient.

Qui paie, et pour qui

Le régime CatNat repose sur un principe simple : tous les assurés paient une surprime, et les sinistrés sont indemnisés. Le taux est passé de 12 % à 20 % en un an. La tornade de Pomas survient huit mois après cette hausse. Elle ne la justifie pas ; elle l’illustre.

Reprenons la facture. La surprime habitation a augmenté de huit points. Le produit attendu en 2026 est de 720 millions d’euros, selon l’UNALCI. Le fonds Barnier en reçoit 300 millions. Pomas, 1 000 habitants, 300 habitations touchées, 41 blessés. L’addition est connue. Reste à savoir si les 720 millions serviront à indemniser les sinistrés ou à financer autre chose.

C’est écrit.

Sources