Le 26 août 2026, Météo-France place douze départements de l’Ouest en vigilance orange aux orages, selon BFM TV. Le bulletin prévient, il informe, il classe. La partie invisible, c’est ce que la reconnaissance de catastrophe naturelle coûte une fois l’orage passé. Un arrêté publié au Journal officiel reconnaît l’état de catastrophe naturelle dans 221 communes, essentiellement pour des épisodes de sécheresse ou d’inondations survenus en 2025 et début 2026, selon TF1 Info. Deux temporalités, une seule facture.

La vigilance est gratuite, la reconnaissance ne l’est pas

La base GASPAR, mise à jour le 20 juillet 2026 sur data.gouv.fr, recense 260 601 lignes d’arrêtés de catastrophe naturelle par commune depuis 1982. Une ligne par arrêté, une commune pouvant en cumuler plusieurs. Le jeu de données est publié par TACCT, avec une fréquence de mise à jour annuelle. C’est écrit.

Le décompte est simple : 260 601 arrêtés en quarante-quatre ans, soit une moyenne de 5 922 arrêtés par an. La vigilance orange du jour n’est pas un accident météorologique isolé ; c’est le flux continu d’un régime d’indemnisation qui tourne à plein.

L’arrêté cité par TF1 Info concerne 221 communes. Un chiffre modeste au regard du stock. Mais chaque reconnaissance ouvre un droit : celui de déclarer un sinistre à son assureur dans un délai contraint, et celui, pour le régime CatNat, d’engager des fonds.

Qui compte les arrêtés, et qui compte l’argent

La base GASPAR documente l’exposition des territoires. Elle ne documente pas le coût. Le fichier de 50,2 Mo téléchargeable sur data.gouv.fr contient des lignes, des communes, des types d’aléa. Il ne contient pas un euro. Pour trouver les montants, il faut aller ailleurs : chez les assureurs, chez le réassureur public CCR, dans les rapports que personne ne lit un vendredi soir.

Le 26 août 2026, douze départements sont en orange. Dans quelques mois, certains d’entre eux déposeront une demande de reconnaissance. Pendant ce temps, la base GASPAR continue de s’allonger, une ligne par arrêté, une commune par sinistre.

La question n’est pas de savoir si l’orage va tomber. Il tombe. La question est de savoir qui, au bout de la chaîne, additionne les arrêtés et les surprimes. La vigilance est orange. La facture, elle, n’a pas de couleur.

Sources