Le 26 août 2026, en déplacement à Mayotte, le Premier ministre annonce que l’aide publique au développement vers les Comores et six pays d’Afrique des Grands Lacs sera modulée selon leur coopération dans la lutte contre l’immigration clandestine. La presse comorienne parle de « chantage scandaleux ». Reprenons la facture.

En 2024, selon Le Monde, cette aide atteignait 300 millions d’euros pour les sept pays concernés. La même année, 2 463 premières demandes d’asile ont été enregistrées à Mayotte, d’après un rapport du Mixed Migration Centre et du HCR publié en avril 2026. Les Comoriens en représentaient 25 %.

En 2026, le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, annonce 16 500 éloignements depuis le début de l’année, selon Le Journal du Dimanche. Le même jour, le Premier ministre précise que l’aide humanitaire directe n’est pas remise en cause. Ce qui est sur la table, c’est le reste : la coopération structurelle, les programmes, les financements de développement.

Qui paie, et pour qui

Le contribuable français verse 300 millions d’euros à des États dont les ressortissants continuent d’arriver par voie maritime à Mayotte. Le département compte 323 000 habitants au 1er janvier 2026 selon l’Insee, dont près de la moitié de nationalité étrangère en 2017. Les éloignements se comptent en milliers, les arrivées aussi.

La question n’est pas de savoir si conditionner l’aide est élégant. Elle est de savoir ce que 300 millions d’euros ont produit en matière de coopération migratoire jusqu’ici. Le Premier ministre demande au Quai d’Orsay des propositions pour 2026 et 2027. C’est écrit.

Pendant ce temps, la presse comorienne s’indigne. L’indignation est son travail. Le nôtre, c’est l’addition.

Sources