Le 27 août 2026, la police népalaise publie sur Facebook un bilan : 389 corps retrouvés dans le district de Rasuwa, 466 blessés pris en charge, 4 388 policiers mobilisés. Le même jour, un séisme de magnitude 4,7 frappe le Tibet, selon les autorités chinoises. La catastrophe est en direct, les chiffres tombent, les images tournent.

Pendant ce temps, à Paris, le projet de loi de finances pour 2026 est déjà voté. Et il contient un chiffre que personne ne met en regard des 389 morts : le fonds d’urgence humanitaire et de stabilisation (FUHS), l’instrument de réaction rapide de la France face aux catastrophes, recule de 12 %, soit 26 millions d’euros de moins, selon le rapport du Sénat sur l’aide publique au développement.

Le direct est gratuit, la réaction ne l’est pas

Reprenons la facture. L’aide humanitaire française, tous instruments confondus, passe de 500 millions d’euros en 2025 à 294 millions en 2026, une baisse de 41 %, d’après le rapport sénatorial. Les contributions volontaires humanitaires aux Nations unies chutent des deux tiers, de 150 à 50 millions d’euros, selon Focus 2030. L’aide alimentaire programmée perd plus de 60 %.

C’est écrit.

La stratégie humanitaire 2023-2027 de la France fixait un objectif : 1 milliard d’euros par an d’ici 2025. Le PLF 2026 en prévoit 294 millions. L’écart entre le budget voté et l’objectif affiché est de 706 millions d’euros. Personne ne l’a annoncé en conférence de presse.

Verdict

La déclaration publique n’est pas une phrase, c’est un silence. Aucun responsable n’a dit, face aux images du Népal : « Nous avons réduit le fonds d’urgence de 12 % cette année. » Le verdict est simple : le décalage entre la compassion affichée et les crédits votés est documenté, chiffré, publié. Le rapport du Sénat est en ligne. Focus 2030 a fait les additions.

La question n’est pas de savoir si la France doit intervenir au Népal. La question est de savoir pourquoi l’instrument prévu pour ce type d’intervention a été amputé avant même que la crue ne survienne. Les catastrophes naturelles n’attendent pas les arbitrages budgétaires. Les budgets, eux, n’attendent pas les catastrophes. Ils les précèdent, et les ignorent.

Sources