Le 27 août 2026, France 24 indique que quatre touristes français sont portés disparus au Népal, selon un décompte du Bureau népalais du tourisme, un bilan non confirmé par le Quai d’Orsay. Le même jour, Euronews précise que le Quai d’Orsay n’a pas confirmé ce chiffre à ce stade. Le rapport du Sénat sur le projet de loi de finances 2026 est disponible en ligne : le programme 151 « Français à l’étranger et affaires consulaires » passe de 155,31 millions d’euros de crédits de paiement en 2025 à 153,81 millions en 2026, soit une baisse de 0,97 %, selon le rapport de la commission des finances du Sénat.

Reprenons la facture. Quatre Français portés disparus, 80 qui avaient signalé leur présence au Népal au moment de la catastrophe, selon le ministère des Affaires étrangères cité par France 24 le 27 août. Une cellule de crise s’ouvre, des agents consulaires sont mobilisés, des familles attendent. Pendant ce temps, le budget qui finance précisément ce travail recule.

Le programme 151, c’est le guichet

Le programme 151 regroupe, selon le rapport du Sénat, « les crédits dédiés aux services publics des Français de l’étranger, les bourses attribuées pour l’enseignement français à l’étranger ainsi que la politique des visas ». C’est le guichet. Quand un Français disparaît à l’étranger, c’est la direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire qui coordonne, ce sont les postes consulaires qui traitent, ce sont les crédits du programme 151 qui paient les permanences, les téléphones, les déplacements.

Le détail du PLF 2026 est instructif. L’offre d’un service public de qualité aux Français à l’étranger progresse de 11,38 % en crédits de paiement, passant de 40,03 à 44,59 millions d’euros. Mais les bourses scolaires, qui représentent plus des deux tiers des crédits du programme, reculent de 4 % pour atteindre 104,5 millions d’euros. L’ensemble du programme baisse donc, mécaniquement, de 0,97 %.

Le ministère perd 700 millions, le consulaire perd 1,5 million

À l’échelle du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, la baisse est plus nette. Le député Michel Guiniot, cité dans le discours de Jean-Noël Barrot du 21 octobre 2025 sur le PLF 2026, relève que les crédits du ministère baisseront de 700 millions d’euros en 2026. Le budget 2025 s’établissait à 5,4 milliards d’euros.

Le programme 151 ne perd que 1,5 million d’euros en crédits de paiement. Une paille, dira-t-on. Mais la paille s’ajoute à d’autres pailles. En 2025 comme en 2024, le ministère a subi des annulations en gestion de 149 millions d’euros en autorisations d’engagement et 162 millions en crédits de paiement, selon le rapport du Sénat. La direction de la sécurité diplomatique, elle, voit ses moyens gelés à 66 millions d’euros en autorisations d’engagement et 70 millions en crédits de paiement, « alors que les coûts augmentent structurellement », note le rapporteur.

C’est écrit.

Qui paie la cellule de crise

Le direct télévisé montre les hélicoptères, les secouristes, les villages engloutis. Il ne montre pas la ligne budgétaire. Quand un Français disparaît à l’étranger, l’État mobilise des moyens : le centre de crise et de soutien, les postes consulaires, les liaisons avec les autorités locales, l’assistance aux familles. Tout cela a un coût, imputé quelque part, dans un programme qui baisse.

On peut défendre la rigueur budgétaire. On peut aussi constater que la rigueur s’applique au guichet consulaire pendant que la catastrophe, elle, ne vote pas le PLF. Le budget qui finance le téléphone a été voté en baisse.

Sources