Le scrutin se tiendra en deux tours, les 9-10 et 16-17 octobre, selon l’accord ratifié le 25 août par le Parti socialiste et Place publique. Pour y participer, un non-adhérent devra s’acquitter d’une cotisation de 15 euros, tarif social à 10 euros pour les non-imposables et les étudiants, d’après le communiqué du PS relayé par LCP.

Quinze euros. C’est le prix d’entrée pour désigner un candidat à la présidence de la République. La direction du PS et Philippe Brun souhaitaient un tarif inférieur, rapporte Yahoo Actualités. Ils n’ont pas eu gain de cause. Le tarif a été maintenu.

L’aide publique, l’autre guichet

Pendant que la primaire facture ses électeurs, l’État verse aux partis politiques une aide publique dont le montant total atteint 68,7 millions d’euros pour 2026, selon le rapport du Sénat sur le projet de loi de finances. La première fraction, fixée à 30 077 144,37 euros pour l’année 2026 d’après Vie publique, est répartie selon le nombre de parlementaires.

Le Parti socialiste, lui, a perçu 3 303 616,11 euros au titre de la première fraction en 2024, d’après le décret n° 2024-77 du 2 février 2024 cité par La finance pour tous.

L’arithmétique est simple. Un parti qui organise une primaire facture 15 euros à ses sympathisants, tandis que le contribuable finance les appareils à hauteur de dizaines de millions. Les deux flux ne se mélangent pas, mais ils coexistent. L’un est assumé publiquement, l’autre figure en annexe d’un projet de loi de finances que personne ne lit.

Le coût de la désignation, pas celui de la campagne

La primaire ne tranchera qu’une étape. Le candidat désigné devra ensuite financer une campagne nationale et obtenir 500 présentations d’élus, rappelle Parlons Politique. Le coût de la primaire elle-même — organisation du vote électronique, communication, remboursement éventuel — n’a pas été rendu public dans les documents consultés.

Ce silence a un sens. On connaît le prix d’entrée pour l’électeur, 15 euros. On connaît l’aide publique aux partis, 68,7 millions. On ne connaît pas le budget de la primaire. La transparence s’arrête au guichet.

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques dénombrait 594 partis politiques au 25 janvier 2025, dont 535 ont déposé leurs comptes, selon le rapport sénatorial. Cinquante-neuf partis n’ont pas déposé les leurs. L’argent public continue de financer un paysage politique fragmenté, où chaque primaire ajoute une cotisation à la facture du militant.

Reprenons la facture. D’un côté, 15 euros demandés à l’électeur pour choisir un candidat. De l’autre, 68,7 millions d’euros versés par l’État aux partis en 2026. La gauche social-démocrate organise sa primaire sur un tarif d’entrée, pendant que l’aide publique couvre le fonctionnement des appareils. Qui paie, et pour qui ? Le militant paie 15 euros. Le contribuable paie le reste.

Sources