Anthony Berthôme et Wilfried Schmitter, 34 ans tous les deux, sont morts mardi 21 juillet 2026 dans les premières minutes d’un incendie près de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, selon le Service départemental d’incendie et de secours de Gironde. Pompiers professionnels et volontaires, affectés aux centres de Saint-Médard-en-Jalles et Saint-Jean-d’Illac.

Deux noms. Deux âges. Deux centres de secours. L’émotion est là, légitime, et les hommages aussi.

Reste une question que personne ne pose le jour du drame : combien de pompiers sont morts en service commandé depuis le 1er janvier 2026 ?

La réponse n’existe pas en temps réel. Le site pompiers.fr tient une page « Les disparus de l’année 2025 », qui recense les décès survenus l’an dernier. Les chiffres viendront plus tard, dans un bilan annuel, quand l’actualité sera passée.

Le chiffre qu’on ne trouve pas

Le seul jeu de données disponible sur data.gouv.fr, intitulé « Décès de sapeurs-pompiers en France », recense les décès en service commandé depuis l’an 2000. Il est décrit comme une contribution à la « mémoire collective » et à la « transparence publique ».

On sait en revanche, d’après les statistiques des SDIS pour 2025, que les sapeurs-pompiers français ont réalisé 4,75 millions d’interventions l’an dernier, dont 87 % pour du secours à la personne. On sait tout du volume d’activité. On ne sait rien, ou presque, du prix humain en cours d’exercice.

Ce n’est pas un oubli. C’est un choix de ne pas compiler, de ne pas publier, de ne pas tenir à jour. Le décompte en direct des morts en service, ce serait un indicateur qui dérange. Il rappellerait, semaine après semaine, que la promesse de protection a un coût.

Anthony Berthôme et Wilfried Schmitter sont les deux noms que l’actualité retient en cet été 2026. Combien d’autres avant eux, cette année, dans l’indifférence des statistiques qui ne tournent pas encore ?

Sources