Quarante-trois départements seront placés en vigilance orange canicule mardi 11 août 2026 à midi, selon le bulletin de Météo-France publié lundi 10 août à 16 heures. Vingt et un départements supplémentaires s’ajoutent aux vingt-deux déjà concernés. La Bretagne entière y passe, la façade atlantique, le Sud-Est. La moitié du pays sous surveillance.

Le plan national canicule est activé. Le niveau 1 — veille saisonnière — court du 1er juin au 15 septembre, comme le rappelle l’instruction de la Direction générale du travail du 22 mai 2026. Le niveau 2 — avertissement chaleur — se déclenche quand les températures grimpent. Le niveau 3 — alerte canicule — correspond à la vigilance orange de Météo-France. Le niveau 4 — mobilisation maximale — est déclenché par le Premier ministre sur avis du ministre de la Santé et du ministre de l’Intérieur.

Tout cela est écrit, publié, cartographié. Les préfets sont informés, les ARS mobilisées, les mairies activent leurs registres nominatifs de personnes vulnérables. Le dispositif tourne.

Le thermomètre s’affiche, le compteur reste éteint

Ce qui n’est pas écrit, c’est le coût. Pas le coût climatique, pas le coût sanitaire — le coût budgétaire. Celui que le contribuable acquitte pour que l’État active, chaque été, sa machinerie de veille.

Combien coûte, par département et par jour, le passage en vigilance orange ? La question n’est pas théorique. Le niveau 3 du plan canicule mobilise des effectifs : agents de Météo-France, personnels des ARS, services préfectoraux, centres communaux d’action sociale. Il génère des dépenses : communication préventive, astreintes, activation de plateformes téléphoniques, renforts hospitaliers éventuels. Chaque niveau a un prix. Mais ce prix n’apparaît nulle part.

Cinq canicules en 2026, et pas une ligne sur le coût par alerte

L’été 2026 en est à sa cinquième canicule. Le 5 août, dix départements étaient déjà en vigilance orange, selon franceinfo. Le 9 août, treize. Le 10 août, vingt-deux. Le 11 août, quarante-trois. Chaque épisode déclenche la même séquence administrative, les mêmes effectifs mobilisés, les mêmes dépenses.

Reprenons la facture. Si l’on additionne les jours de vigilance orange par département depuis le 1er juin, on obtient un volume d’alerte considérable. Multiplié par le coût quotidien du dispositif — inconnu —, on obtiendrait le prix de la canicule pour les finances publiques. Ce chiffre, personne ne le publie.

Ce n’est pas un hasard. Publier le coût par département et par jour d’alerte, c’est permettre au contribuable de juger. Est-ce que le dispositif est proportionné ? Est-ce que les moyens suivent les cartes de vigilance, ou est-ce que les cartes tournent même quand les moyens manquent ? Est-ce que le passage de vingt-deux à quarante-trois départements en une journée double la dépense, ou est-ce que l’administration absorbe l’extension à budget constant — et donc à moyens dilués ?

Ce que Météo-France publie, ce que Bercy tait

Dimanche 9 août à 15 heures, 36,8 °C au Luc, dans le Var. 35,1 °C à Saint-Auban, dans les Alpes-de-Haute-Provence. 34,9 °C à Figari, en Corse-du-Sud. La transparence météorologique est totale.

La transparence budgétaire ne l’est pas. Le plan canicule est un dispositif interministériel : Santé, Intérieur, Travail, Agriculture. Chaque ministère engage des dépenses sur ses propres crédits. Aucun document consolidé ne permet de savoir ce que la puissance publique dépense, chaque été, pour faire face aux vagues de chaleur.

C’est écrit. L’instruction du 22 mai 2026 fait dix pages. Elle détaille les obligations des employeurs, les consignes aux services d’inspection du travail, les ressources à disposition des entreprises.

Quarante-trois départements en alerte mardi. La moitié de la France. Le contribuable sait qu’il fait chaud. Il ne sait pas ce qu’il paie.

Sources