Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) intitulé « Organisation de la périnatalité dans les territoires : affirmer une logique de santé publique », daté de janvier 2026, a été publié le 4 août 2026.
Le rapport est formel : la dégradation est « préoccupante » et remonte à quinze ans. Une « position internationale défavorable », écrit l’Igas. Le document était prêt en janvier. Il est resté six mois dans un tiroir du ministère de la Santé, jusqu’à ce que Le Canard Enchaîné en révèle l’existence, contraignant à sa publication un soir d’été.
Reprenons la facture.
Un rapport de janvier, une publication en août : qui décide du calendrier ?
Le rapport de l’Igas est une commande des ministères sociaux. Il est achevé, rédigé, daté de janvier 2026. Il n’est rendu public que le 4 août 2026 au soir, selon les informations concordantes de Mediapart, de Sud Ouest et de Vidal. Six mois de délai. La raison officielle n’a pas été donnée.
Le document pointe des « inégalités de santé territoriales » marquées, notamment dans les outre-mer et en Île-de-France, où la situation s’est dégradée. Il souligne une « déficience en matière de soins critiques néonatals » et un « manque de prévention ». Des constats qui, rendus publics en janvier, auraient pu peser sur les débats budgétaires du printemps.
C’est écrit.
La France décroche
Le rapport de l’Igas le rappelle sans détour : la mortalité infantile française est plus élevée que dans de nombreux pays européens. Les régions d’outre-mer enregistrent les chiffres « les plus préoccupants », selon les termes mêmes du rapport.
L’Igas identifie des causes structurelles : insuffisance des soins critiques néonatals, suivi de grossesse défaillant pour certaines populations, inégalités territoriales d’accès aux maternités. Le rapport préconise un « diagnostic partagé » dans chaque territoire pour adapter l’offre de soins aux besoins locaux.
Le contribuable, lui, peut légitimement se demander combien coûte cette dégradation.
Le rapport dit ce qu’on sait, tait ce qu’on devrait compter
Le rapport de l’Igas documente les inégalités territoriales. L’article du Figaro du 7 août 2026 s’engouffre dans un angle mort, en affirmant que l’immigration contribue à augmenter le taux de mortalité infantile.
La question n’est pas de savoir si l’immigration pèse sur la mortalité infantile. La question est de savoir pourquoi un rapport de janvier, retenu six mois, publié en catimini un soir d’août, ne croise pas des données que tout chercheur pourrait croiser. Et combien cette opacité coûte, en vies et en euros, au contribuable qui finance l’Igas, les maternités et les soins néonatals.
Sources
- Au cœur de l’été, un rapport interroge les causes de la forte mortalité infantile en France – franceinfo
- Mortalité infantile : un rapport d’abord dissimulé dévoile la gravité de la situation en France | Mediapart
- L’immigration contribue à augmenter le taux de mortalité infantile en France
- RAPPORT Definition & Meaning | Dictionary.com
- RAPPORT Definition & Meaning - Merriam-Webster
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