L’opération « Phantom », annoncée le 6 août 2026 par la police italienne, a abouti au placement en détention provisoire de huit ressortissants algériens. Le réseau reliait l’Algérie à la Sardaigne, avec une ramification jusqu’à Marseille, selon le communiqué cité par l’AFP.

Huit arrestations. Un chef présumé, trois passeurs, des logisticiens. La mécanique est décrite avec précision : recrutement en Algérie, traversées par embarcations, accueil en Sardaigne, fabrication de documents contrefaits, financement depuis la région marseillaise.

Ce que le communiqué ne dit pas, c’est combien de traversées ont réussi avant que la police italienne n’intervienne. Combien de migrants ont transité par ce corridor. Combien sont aujourd’hui sur le territoire français avec des documents contrefaits fabriqués en Sardaigne.

Reprenons la facture.

Un réseau démantelé, c’est une victoire opérationnelle. Mais c’est aussi l’aveu qu’une filière a fonctionné assez longtemps pour justifier une enquête internationale, des écoutes, des surveillances, et une opération baptisée. On ne donne pas un nom de code à une tentative avortée. On le donne à une structure qui a fait ses preuves — côté passeurs.

La question n’est pas de savoir si les États luttent. Ils luttent. L’Italie arrête, la France collabore, les communiqués tombent. La question est de savoir combien de personnes sont passées entre les mailles avant que le filet ne se referme. Et ce chiffre-là, ni Rome ni Paris ne le publient.

C’est écrit.

Le 6 août 2026, huit hommes ont été arrêtés. Combien d’autres sont arrivés à destination grâce au même réseau, dans les mois qui ont précédé ? Le contribuable qui finance la police aux frontières, l’administration pénitentiaire, l’aide juridictionnelle et, à terme, l’accueil des régularisés, n’aura pas la réponse. Il aura le communiqué de victoire. Pas le décompte.

Sources