Le 19 août 2026, la loi créant un droit à l’aide à mourir est publiée au Journal officiel, après promulgation par Emmanuel Macron, selon franceinfo. Le débat parlementaire aura duré des années. La promulgation, elle, tient en une ligne.

Reprenons la facture.

Dans son rapport de juillet 2023, la Cour des comptes estime que 380 000 patients seraient susceptibles de bénéficier d’une prise en charge palliative chaque année. Elle précise, dans le même document, que seule la moitié y a effectivement accès.

C’est écrit.

Le législateur vient donc de créer un droit à l’aide à mourir pour des patients dont une partie n’aura jamais vu un lit de soins palliatifs. L’ordre des priorités a ceci de remarquable qu’il est parfaitement documenté : le rapport de la Cour des comptes date de trois ans, il est public, et il n’a pas empêché la promulgation d’une loi qui répond à une autre question.

La demande et l’offre

Le texte promulgué instaure un droit pour une personne, qui en a exprimé la demande, d’être autorisée à recourir à une substance létale, selon le point d’information publié en avril 2026 par Parlons Fin de Vie. Cinq critères d’éligibilité cumulatifs encadrent la demande.

Pendant ce temps, l’offre de soins palliatifs reste ce qu’elle était : insuffisante. La Cour des comptes relevait en 2023 qu’une vingtaine de départements ne disposent d’aucune unité de soins palliatifs. Le chiffre n’a pas été contredit par la promulgation.

On peut débattre du droit à mourir. On ne peut pas débattre du fait que la moitié des patients concernés n’ont pas accès aux soins qui pourraient les accompagner avant ce choix. La loi crée un droit nouveau ; elle ne crée pas un lit supplémentaire.

Qui paie, et pour qui ? La question n’est pas de savoir si l’aide à mourir est légitime. Elle est de savoir pourquoi l’État promulgue un droit à la substance létale avant d’avoir garanti l’accès aux soins palliatifs qu’il juge lui-même nécessaires pour 380 000 personnes par an.

Sources