Selon Capital.fr, environ 8 % des retraités perçoivent une pension supérieure à 3 000 € par mois, et une mesure ciblée sur cette seule catégorie aurait donc un rendement budgétaire nettement plus limité. Selon La Tribune, l’indexation intégrale des pensions ajouterait environ 6 milliards d’euros de dépenses en 2027, tandis qu’un gel généralisé produirait près de 3,6 milliards d’économies. Le chiffre de 6 Md€ a été avancé par Philippe Juvin, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, au Parisien : « On est sur une mesure d’économie à 6 milliards d’euros avec la désindexation. » La Tribune précise que le rendement réel d’un ciblage dépendra du nombre de pensions concernées et de la formule retenue, sans qu’aucun montant soit avancé.

Selon Meilleurtaux Placement, les retraités à 3 000 € mensuels seraient, selon les hypothèses évoquées, concernés quasi à coup sûr : l’écart chiffré serait de 26 € par mois en cas de gel par rapport à la hausse réglementaire, et de 11 € avec une revalorisation réduite à 1 %.

Selon La Tribune, le seuil de 3 000 € brut mensuels a circulé sans avoir reçu de validation officielle. Selon Meilleurtaux Placement, ce chiffre ne proviendrait pas directement du gouvernement : il a été évoqué dans Les Echos, à partir d’un chiffrage réalisé par un expert de Rexecode sur le gain budgétaire d’une mesure limitée aux pensions supérieures à 3 000 € bruts. Selon SeniorActu, le Premier ministre a écarté le RSA et les « petites retraites » sans dire où commençaient les grandes, et aucun texte ne fixe ni 3 000 € ni 2 000 €. Selon Capital.fr, la pension moyenne s’établit à 1 827 € bruts par mois.

Un chiffre annoncé, un rendement jamais chiffré

Selon La Tribune, les dépenses de retraite atteignent 422 milliards d’euros en 2025, soit 14,1 % du PIB.

Notre lecture est que le débat porte sur un montant qui n’a jamais été mesuré.

Ne pas voter une indexation n’est pas détourner une ressource : c’est refuser de créer une dépense.

Les 6 Md€ ne sont pas une recette qu’on aurait prise aux retraités ; c’est le coût évité d’une revalorisation complète, et le rendement d’un ciblage au seuil de 3 000 € n’a jamais été chiffré officiellement. Le coût d’opportunité réel n’est pas « 6 Md€ ou rien » — c’est « quel rendement, pour quel seuil, sur combien de pensions ».

Publier le chiffre, puis séparer le vote

Il faut d’abord, à droit quasi constant, inscrire dans le PLFSS 2027 une annexe obligatoire donnant le rendement du ciblage retenu, ligne par ligne, régime par régime, avec le nombre de pensions concernées et le seuil exact. L’annexe ne vaut que si le vote est séparé : un amendement distinct par paramètre (seuil, taux, périmètre), pour qu’aucun rapporteur ne puisse annoncer un rendement que le texte voté ne contient pas. Le perdant est nommé : le gouvernement et le rapporteur général, privés de l’écart entre le chiffre annoncé et le rendement effectif.

Nous voterions l’annexe avant le seuil, pas après.

Sources